Compagnie

Une compagnie
Pour faire du théâtre,
Et tantôt célébrer l’absurde, tantôt le combattre. Peu importe.

Créer,
Des inepties déraisonnables, pour fendre l’illogique, Des contradictions, peu importe,
Mais qu’elles stimulent.

Lyonnaise volontiers, alsacienne infusée, la compagnie CombatsAbsurdes vagabonde entre créations théâtrales contemporaines et performances. Exploratrice amoureuse des incohérences, la troupe chatouille nos contradictions, persuadée que dans leur frottement se crée une forme de vie !

CombatsAbsurdes dévie du modèle classique des compagnies de théâtre françaises. En effet, au-delà des créations d’un.e metteur.se en scène ou d’un collectif artistique, CombatsAbsurdes développe des projets culturels d’envergure internationale. Si Matthieu Loos agite bien l’activité artistique (il orchestre les créations, sans forcément les mettre en scène), Amélia Boyet conçoit et dirige des projets culturels dans lesquels s’établit (notamment) la création. La relation au(x) public(s) au sein et autour des spectacles, le rapport au politique et à la cité – plus largement aux questions de gouvernance, sont au coeur de ses préoccupations.

Une troupe européenne engagée pour la Paix
Avant la nuit des temps, CombatsAbsurdes était certainement une troupe franco-française. D’ailleurs, personne ne s’en souciait, tant la nuit des temps se faisait attendre. Lorsque le ciel des temps s’assombrit enfin et qu’apparut la nuit, la première – la nuit des temps – la troupe devint brusquement européenne. En cela, elle se composa soudainement d’artistes venus de différents pays d’Europe. Sur le plateau se côtoyèrent immédiatement plusieurs cultures européennes, pour conjuguer aujourd’hui douze nationalités différentes. Chaque relation artistique est singulière, sincère et passionnée. Ensemble, toutefois, ces différentes complicités forgent un désir essentiel : oeuvrer ensemble. Ainsi, la nature-même de la troupe, formellement, ceint un engagement artistique pour la Paix, car l’Europe est une expérience de la Paix, avec ses chances et ses périls. Création collective et écriture au plateau sont naturellement les socles du travail mené la troupe. Aussi, chaque représentation est construite et perçue comme une expérience partagée avec les spectateurs. Partout, toujours, il s’agit d’oeuvrer ensemble.

Se comprendre – penser ensemble – est un miracle à la portée de tous

Que deux personnes puissent se comprendre, penser ensemble, voire ressentir la même chose, relève du miracle. Rien n’indique qu’il soit trivial de s’accorder parce qu’on parle la même langue. Se comprendre est un miracle !
Un miracle qui opère chaque jour.

De même, le miracle procède lorsqu’on dialogue dans deux langues différentes. Les codes de la communication ne reposent alors pas uniquement sur les mots eux-mêmes, mais sur tout ce qui se perçoit par ailleurs (languages para-verbal et non-verbal). Et le miracle opère.

La langue elle-même n’est pas le seul instrument pour penser ensemble. Elle fait partie de notre grille de lecture au même titre que de nombreux autres outils, comme le regard, la respiration, la télépathie, les inflexions sensibles de notre visage ou de notre voix – tempo, grain, timbre, volume…

« Lorsqu’on veut se comprendre, on se comprend ! »

Depuis quelques années, la troupe européenne CombatsAbsurdes défend cette conviction sur le plateau, en proposant des spectacles où les langues se mêlent : les acteurs dialoguent précisément comme s’ils s’exprimaient tous dans la même langue. Le répertoire linguistique de la compagnie compte aujourd’hui concrètement onze langues maternelles : allemand, anglais, arabe, croate, espagnol, français, hébreu, hongrois, italien, letton, et maltais. Des outils pour penser ensemble.

Parmis les soldats élastiques de la troupe, on peut citer quelques combattants assidus : Amélia Boyet, Antonio Vulpio, Elise Dano, Julie Doyelle, Maja Dekleva-Lapajne, Matthieu Loos, Mats Karlsson, Mikaël Gorce, Pauline Calmé, Philippe Muyard, Rodrigue Glombard.

Conception d’un lieu culturel nommé « Théâtre Européen »
Enfin, depuis 2 ans, CombatsAbsurdes est engagée dans la définition d’un Théâtre Européen, nouveau modèle de lieu culturel à l’échelle continentale. Après avoir pris part à plusieurs projets européens (« Should I stay or should I go ? » de 2013 à 2015, « Our Lives » de 2017 à 2019), Amélia Boyet dirige désormais « Fragments ». Ces expériences à l’échelle de projets sont un tremplin pour permettre à terme de disposer d’un lieu physique, de nature publique, qui puisse accueillir une vie (culturelle et artistique) européenne. Cet élan inédit est celui d’un véritable Théâtre Europeén, lieu culturel public animé à demeure par une équipe européenne : gouvernance, création artistique et financement y sont de véritables ouvrages collectifs. L’ambition est d’installer le Théâtre Européen à Lyon pendant quelques saisons, pour qu’il déménage ensuite dans d’autres villes d’Europe.