la théorie des fragments

[Dossier de présentation]

Charles
… Papapa qui me cherche et m’attend tous les mercredis sur le quai à Koenigshoffen, là où quelques trains déversent des rescapés de l’Est, Berlin, les français à Berlin, l’administration de l’après-guerre, ma tombe en Lettonie, numéro 80, j’avais oublié.
Alice
Oublier, c’est le privilège des morts. Le fardeau du souvenir, le temps qui colle, c’est pour ceux qui restent.


Des récits nous hantent, pas vraiment des fantômes, pas vraiment des souvenirs. Ils sont des fragments de nous-mêmes, et réagissent selon la théorie des fragments. Celle-ci risque une représentation du réel où nous n’habitons pas le temps, mais une matière qui l’aurait elle-même façonné. D’après la théorie des fragments, nous sommes mêmement comptables du passé et de l’avenir.

La pièce se présente comme un entrelacs des lois de ladite théorie et de scènes traitant du sort de l’Alsace dans la seconde guerre mondiale. On y rencontre en particulier Charles Loos, grand-oncle de l’auteur,  Malgré-Nous mort sur le front russe dans l’armée allemande. Bien que décédé, ce dernier intervient dans le procès de Robert Wagner, représentant nazi plénipotentiaire en l’Alsace entre 1940 et 1944, jugé et condamné à mort en 1946.

la théorie des fragments
de Matthieu Loos
avec Arthur Fourcade, Julie Doyelle, Marc Schweyer et Matthieu Loos
mise en scène : Arthur Fourcade et Matthieu Loos
musiques : Mats Karlsson
scénographie : Rodrigue Glombard
lumières : Mikaël Gorce
costumes : Noémie Edel

Création saison 22/23.
Projet soutenu par l’ADAMI et accueilli au TNP en mars 2022 dans le cadre du programme de compagnonnage.

gravure – Julie Doyelle et Léa Marchand

Stabat Mater Furiosa

Création samedi 18 décembre 2021 – Salle Barbara, Lyon 8 – [Réservation]

[Dossier][Interview Video RTCI]

Ce matin-là, lorsqu’un coq annonça sobrement le point du jour, le vent ne souffla plus, on entendit fleurir un amandier, et Henri Bosco, de retour du Maroc dans son cher Luberon, écrivit brusquement : « Peut-être la paix est-elle plus que le bonheur. »

Eduquer à la Paix : voilà ce que je veux faire au théâtre.

La Paix, qui n’est pas la négation de la guerre ni le calme doucereux avant la tempête, ne se déploie pas dans le silence emmiellé des froussards. La Paix est une manœuvre continuelle, une courageuse aventure avec ses chances et ses périls. Inspirer une révolte pour la Paix, voilà mon combat (absurde).

Stabat Mater Furiosa est le cri d’une mère révoltée, dressée face à la guerre et ceux qui la font. Désespérée, sa prière est noire. Elle s’adresse à chacun de nous, frères et soeurs de la chiennerie – en chacun de nous sommeille un homme de guerre.

Depuis ma première lecture persiste l’image d’une femme debout dans les décombres. Je ne parviens pas à m’en défaire. Il y a de la terre, de la poussière, du sable, des rochers. Il y a le cadavre d’un guerrier, dont on se demande s’il se relèvera. Et deux voix.

Dire le texte à l’unisson en français et en arabe.

Notre pays est piégé dans un filet identitaire complexe, lacé notamment dans son histoire avec certains pays arabes et leur culture. Et puis, ce texte est le cri d’un poète français, couché d’un seul trait lors d’un voyage au Liban. Ce contexte particulier de l’écriture ne peut pas être sans résonance. Je souhaite donc articuler le poème en deux langues : français et arabe. Deux actrices, l’une arabophone (Sonia Zarg Ayouna) et l’autre francophone (Elise Dano), oeuvrent ensemble.

Matthieu Loos

— Stabat Mater Furiosa —
de Jean-Pierre Siméon

« on n’entend pas le pas d’un homme qui va à son travail
et quand un homme court vers ce qu’il aime
c’est son souffle qu’on entend
mais quand la foule des guerriers se met en chemin
c’est son pas d’abord qu’on entend
son pas qui martèle
oui les coups de marteau sur la terre
le pas qui frappe et dit je suis là je suis partout »

En français et en arabe tunisien (traduction de Sonia Zarg Ayouna)

Avec : Elise Dano et Sonia Zarg Ayouna
Scénographie : Rodrigue Glombard
Lumières : Mikaël Gorce
Costumes : Irène Jolivard
Musique : Rim Banna
Mise en scène : Matthieu Loos

Diffusion : Baptiste Colin en France, Aymen Karaouli dans les pays de langue arabe

Debarda

[Propagande Vidéo]

La pensée bissextile en action !
Allocutions officielles de personnalités débardeuses.

Debarda est une république poétique, elle est au monde sans posséder de territoire. Nation consentie et amoureuse, au fond, c’est l’Etat dans lequel on est.

« Pour tout vous dire franchement, on n’en sait trop rien. Mais ne vivons-nous pas le règne de l’incertitude, du vacillement de nos représentations ? De nos jours, il n’y a guère que l’incertitude qui soit une certitude. Alors pensons sans être surs, et poursuivons notre oeuvre aventureuse. Le reste c’est de la poésie. »

Certaines personnalités débardeuses ont déjà pris corps :


Alexandre Chetail : ministre au Rythme du Debarda

Antonia De Rendinger : ministre aux Fréquentations du Debarda

Arthur Fourcade : ministre à la Statistique

Basile Loos : ministre aux Rêves du Debarda

Christelle Delbrouck : présidente de la Cour Suprême

Elise Dano : ministre à l’Enfance

Hervé Charton : ministre à la Santé Animale

Julie Doyelle : première ministre du Debarda

Keith Hitchcock : ministre à la Décélération

Lee White : ministre à la Belligérance

Loïc Armel Colin : ministre à la Controverse / ministre d’Etat

Marko Mayerl : Pr. Tulasne, président du conseil scientifique débardeur

Matthieu Loos : président du Debarda

Pauline Calmé : ministre à la Joie du Debarda

Philippe Muyard : ministre à la Procrastination

Rémi Rauzier : ministre à la Recherche du Debarda

Tom Phenix : directeur général des Services Secrets du Debarda

Retrouvez toutes leurs allocutions sur notre chaine de propagande : https://vimeo.com/channels/propagande

Auteur : Matthieu Loos
Interprètes : Alexandre Chetail, Loïc Armel Colin, Elise Dano, Christelle Delbrouck, Antonia De Rendinger, Julie Doyelle, Arthur Fourcade, Keith Hitchcock, Basile Loos, Matthieu Loos, Marko Mayerl, Philippe Muyard, Tom Phenix, Rémi Rauzier, Lee White

Retrouvez toutes les allocutions sur notre chaine de propagande : https://vimeo.com/channels/propagande

Et sur Instagram : https://www.instagram.com/debarda.propaganda/

Fr#gments

Albrecht Dürer – Flüger einer Blauracke, autour de 1500

[Dossier de présentation][Maquette Vidéo]

Fr#gments est produit dans le cadre du vaste projet artistique et culturel européen Fragments.theater dirigé par Amélia Boyet pour le compte de la cie CombatsAbsurdes.

Processus de création

Trois fragments biographiques européens inspirent une odyssée poétique en notre continent.

Terreau

Trois artistes européens partagent un fragment biographique familial lié à la seconde guerre mondiale : Maja Dekleva-Lapajne (Ljulbljana, Slovénie), Matthieu Loos (Lyon, France), Mats Karlsson (Nortällje, Suède). Dans chacun de leurs récits, il est question d’un périple en Europe parcouru entre 1942 et 1944 par un de leur aïeux. Entre novembre 2020 et novembre 2021, les trois artistes européens re-parcourent ensemble ces mêmes chemins, à la recherche de fragments de leur (notre ?) propre histoire/identité. Ces trois odyssées constituent la matière première du spectacle Fr#gments.

Plume

Maja Dekleva-Lapajne, Matthieu Loos et Mats Karlsson vivent ensemble les trois odyssées. Il en ressort un matériau fragmenté, sensible, un terreau kaléidoscopique duquel ils se saisissent pour entreprendre l’écriture du spectacle.

Edifice

Ecriture et mise en scène se tuilent : le spectacle prend forme sur le plateau des répétitions, dans une expédition artistique collective. Arthur Fourcade et Matthieu Loos en partagent la vision globale.

Esquisse

Fr#gments – maquette from CombatsAbsurdes.

Fragments.theater

Projet culturel européen mené depuis la France par la compagnie CombatsAbsurdes, en Slovénie par le Koletiv Narobov, en Suède par Beenhouse.

Direction – AmeliaBoyet

Direction artistique – MatthieuLoos

[Presentation-FR] [Abstract-EN] [Darstellung-DE] [DossierComplet-FR]

A partir de 3 histoires de la seconde guerre mondiale, 3 récits partagés par 3 artistes, fragments biographiques européens, nous façonnons quelques spectacles, une oeuvre photographique, et réalisons un documentaire. Les 3 récits personnels servent de base pour générer la matière de toute notre écriture, où les artistes européens oeuvrent ensemble à tous les échelons.

Sous la direction artistique de Matthieu Loos, il s’agit de voyager en Europe, sur les aventureux chemins tracés dans les 3 récits, et penser nos oeuvres pour raviver l’émotion de l’Europe, fragmentée en nous depuis les épreuves de la guerre. Fragmentée, mais survivante.

3 récits de la seconde guerre mondiale

Celui de Matthieu Loos – comédien français :
Annexée par le troisième reich entre 1940 et 1945, l’Alsace voit ses jeunes hommes enrôlés de force dans l’armée allemande. Charles Loos est l’un de ces soldats nommés « Malgré-nous ». Rentré à Strasbourg à la faveur d’une permission, il fête en octobre 1944 les 18 ans de sa soeur Alice, grand-mère de Matthieu Loos. Il hésite alors à retourner en Russie… les alliés ont libéré Paris et marchent déjà vers l’Est. Pour ne pas mettre sa famille en danger, il se refuse à déserter et retourne finalement sur le front russe. Le 22 novembre 1944, jour de la libération de Strasbourg, il meurt sous les balles en Lettonie.

Celui de Mats Karlsson – musicien suédois :
Les suédois vivent la seconde guerre mondiale guidés par leur politique de neutralité. Les allemands, alliés aux finlandais, occupent la Norvège et le Danemark. Encerclée par la guerre, la Suède dispose ses soldats aux frontières, craignant surtout un afflux de réfugiés ! Ainsi au Värmland, le jeune Werner Karlsson, futur père de Mats Karlsson, contrôle seul quelques kilomètres de la frontière norvégienne. Pendant 2 ans, accompagné d’un unique chien, il supervise à vélo sa portion de frontière. Quelques années après la guerre, l’homme et le chien se croisent par hasard sur un trottoir. D’instinct, l’animal quitte sa nouvelle famille et saute sur son ancien maître pour d’épiques retrouvailles.

Celui de Maja Dekleva-Lapajne – performeuse slovène :
La Slovénie est envahie par l’Allemagne en 1941, comme tout le reste de la Yougoslavie. A Ljubljana, la famille Dekleva participe à l’élan de résistance à l’oppression allemande. Médecin oeuvrant au sein du front de libération, Marija ‘Mima’ Dekleva, grand-mère de Maja Dekleva-Lapajne, est rapidement capturée et déportée à Auschwitz. Elle est alors enceinte de 6 mois. Se refusant à mettre au monde en captivité, elle demande à des co-détenues de lui sauter sur le ventre pour un avortement sauvage. Rescapée du camp, elle donnera plus tard naissance au père de Maja Dekleva-Lapajne.

3 odyssées ébranlant les survivances passées

« Qui ne quitte jamais son étang, Son coeur s’envase. »Tao Li Fu (Jean-Pierre Siméon)

En 1942, Marija ‘Mima’ Dekleva fut déportée de Ljubljana en Yougoslavie à Auschwitz en Allemagne. Maja Dekleva-Lapajne voyage de Ljubljana en Slovénie à Auschwitz en Pologne, et nous écrivons un spectacle.

En 1943, Werner Karlsson quitta Stockholm pour le Värmland, en Suède. Mats Karlsson voyage de Stockholm au Värmland en Suède, et nous écrivons un spectacle.

En 1944, Charles Loos retourna de Strasbourg en Allemagne à Skuodas en Russie. Matthieu Loos voyage de Strasbourg en France à Skuodas en Lituanie, et nous écrirons un spectacle.

Chaka Chaka

ChakaChaka / physical theater

[Dossier]

Encerclement, imitation, et accélération sont les principes d’évolution de notre société contemporaine. Nous ne flânons plus. Combatif, je recommande un acte de résistance face à l’impatience débridée où l’on s’abîme, frénétiques. Sérieusement, il nous faut être indociles !

Pour prendre corps, notre insoumission à la course du temps doit nécessairement être une ineptie. Le mouvement insensé de notre époque requière une objection insensée. J’en suis convaincu. Nos réponses collectives ne sont que rationnelles, raisonnées, intelligentes. Ici, nous devons adopter un comportement irrationnel, déraisonné et imbécile !

ChakaChaka

Je crois – je ne sais pas mais je crois – que l’énergie d’un homme est sans limite. Je veux dire qu’un homme ne peux pas s’épuiser lui-même. La vie est trop forte. Sa source d’énergie est intarissable. Sauf à mourrir, ou ne pas naître, un être humain est inépuisable… et encore, je crois qu’il faut de l’énergie vitale pour ne pas vivre.

Je crois aussi que dans notre corps, lorsque l’énergie est au plus bas, l’humanité y est luxuriante. D’ailleurs c’est aussi lorsque nos poumons sont presque vides que notre voix est la plus belle. Puiser, c’est vivre. Ou l’inverse. Peu importe.

alors é.puisons nos corps

en transe
vers une autonomie de l’âme é.puisés
pour une ascèse du vide

et.puis
c’est la vie elle-même, instinctive, qui guidera nos corps
é.puisés

ChakaChaka, présent-embarcadère, dé.couvre un espace moins exploré, où sont observables notre poids, notre humanité, notre musique, notre souffle. Cet espace, c’est une bulle : là où les esprits communiquent. Et communiquer avec les esprits, c’est, parait-il, modifier l’état de nos consciences.

Si encerclement, imitation, et accélération sont les principes d’évolution de notre société contemporaine, ils doivent être être ceux de notre é.puisement.

ChakaChaka s’ouvre donc par de longues minutes de percussion pendant lesquelles trois artistes composent leur ballet énergique, aux frontières de la transe. Ils se laissent guider par des règles simples fondées sur l’encerclement, l’imitation et l’accélération.
Le ballet s’interrompt brusquement, laissant apparaître dans l’immobilité soudaine des corps une image, glissante. En plissant les yeux, on y dé.couvre une scène de théâtre. Ensuite, tout dépend de la pente.

Conçu et mis en scène par Matthieu Loos
Avec Alenka Marinic, Hannu Risku, Julie Doyelle et Matthieu Loos

Our Lives

[Dossier] [web]

Our Lives est un projet européen de théâtre, comprenant la création de 8 nouvelles productions théâtrales et de 52 événements publics :­ spectacles, ateliers, rencontres, conférences dans 18 pays de l’Union Européenne. Our Lives accueille des artistes des 28 pays membres de l’UE et explore de manière thématique les modes de vie dans ces différents pays. Il questionne le monde qui se crée lorsque ces différents modes de vie sont réunis. Est-­il possible de façonner une entité plus riche que la somme de ses parties en évitant l’exclusion et en faisant entendre la voix de chacun ?

Walls

[Dossier]

Ce spectacle réunit des artistes (comédiens et musicien) de 7 pays de l’UE : Royaume-Uni, Italie, Croatie, Malte, Hongrie, Lettonie et France. Il aété créé au Théâtre de Gasse en février2018 suite à un temps de résidence. Il a ensuite été présenté à Berlin en mars 2018 lors d’un festival de théâtre européen.

Sometimes you put walls up not to keep people out, but to see who cares enough to break them down. Socrates

Politiques ou géographiques, linguistiques ou idéologiques, visibles ou invisibles, les frontières nous façonnent : chaque liberté est liée à une frontière. Si la frontière est la peau, le mur est une carapace, bâtie pour protéger la peau. Sa fonction naturelle est de mettre à l’abri sans isoler, d’apaiser sans séparer.

De nombreux murs marquent pourtant nos divisions. Le monde pourrait être raconté en égrenant constructions et démolitions de ces murs. Nos maisons, nos églises et nos écoles tiennent entre ces murs. D’autres se dressent entre nos pays, nos cultures. Et nous là-dedans, quels sont nos véritables contours ?

Proposition et orchestration : Matthieu Loos

Artiste formé à Strasbourg, scientifique alsacien déformé à l’art dramatique. Ou l’inverse. Peu importe. Metteur en scène et poète, il dirige la cie Combats Absurdes depuis sa création, désireux de représenter le monde dans ses contrastes les plus profonds car dans la friction des pôles s’agite la pensée dynamique ! Il défend la création collective, l’écriture de plateau, et une vision du théâtre comme expérience partagée.

Contact : Amélia Boyet

Chargée de production
et de relations publiques
07 86 31 15 29 – amelia.boyet(AT)combatsabsurdes.com

amelia.boyet@combatsabsurdes.com

Demain vous voterez l’abolition de la peine de mort

[dossier]

17 septembre 1981 – Robert Badinter demande à l’assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France.
Avocat aux plaidoiries parfois enflammées, il doit contenir ses élans pour respecter la solennité de l’institution dans laquelle il prononce son discours. Souhaitant redonner à ce discours sa flamboyance, Philippe Muyard met en scène Matthieu Loos, lui donnant toute latitude pour incarner physiquement la passion et l’émotion qui transpirent du texte.

Oublier le carcan de l’institution pour faire éclater l’intensité émotionnelle de ce moment historique.
Donner vie à la fusion intérieure qui habite l’orateur.
Faire raisonner chaque mot, chaque argument pour qu’il devienne une évidence.
Et convaincre.
Encore et toujours convaincre.
Pour ne pas laisser se reposer la bête qui sommeille.

Extrait enregistré le 17 janvier 2019 au Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon

Demain vous voterez l’abolition de la peine de mort.

Conçu et mis en scène par Philippe Muyard
A partir du discours de Robert Badinter du 17 septembre 1981
Avec Matthieu Loos
Scénographie : Rodrigue Glombard
Création lumières : Mika Gorce
Création sonore : Benoit Riot – Le Junter
Collaboration artistique : Léa Marchand
Production et relations publiques : Amélia Boyet